Ce matin, en regardant le soleil se lever, j’avais envie d'écrire.

Écrire que je suis heureuse même si je vis des inquiétudes. Je n'ai pas peur, j'ai confiance en moi. Je peux littéralement tout affronter, tout faire. Je suis fière de moi.

Je vais répéter les 5 derniers mots pour les gens au fond de la salle : JE. SUIS. FIÈRE.DE. MOI.

Les 6 derniers mois ont été intenses, révélateurs et formateurs pour ma vie professionnelle. Et je prends même pas en compte l'année et la chose mondiale, dont j'ai pas envie d'écrire le nom.

Je suis sortie de ma zone de confort, sur plusieurs fronts en même temps.....et tout ça sans sortir de chez moi. Un comble.

La fierté a mauvaise réputation.

La fierté pourrait être une belle médaille, et pourtant on ne voit que l'envers. Surtout chez les femmes. Toc toc toc, C'est moi, le syndrome de l'imposteur.rice.
Je pensais que j'étais fière de moi mais il me fallait des preuves que ce ce n'était pas de la vantardise (beurk), de l'aveuglement (ouach) ou même pire... (hiiiiiiii )de la vanité.

J'ai refait un exercice que ma coach de carrière (je vous conseille d'en prendre une) m'avait donné : faire la liste de mes accomplissements.

Notre cerveau fait plus rapidement la liste des choses que nous n'avons pas... que de ce qu'on a. Peut-être qu'on fait trop de listes d'épicerie, allez savoir.

Je partage avec vous ma liste d'accomplissement des derniers mois, sans avoir peur de passer pour une vantarde.

  • Je suis devenue Product Design Lead dans une compagnie d'intelligence artificielle.
  • J'ai eu deux augmentations de salaire
  • J'ai mené une équipe remote pour construire le programme d'IXDA 21, conférence international sur le Design d'interaction
  • Je contribue en tant que Brand Guru pour une compagnie de cosmétiques qui a le vent dans les voiles
  • J'ai créé un compte Instagram avec mes illustrations et elles vont devenir une collection de vêtements.

Je me suis souvent posé la question : être Fière versus Se vanter, où est la différence ?

La ligne est mince, mais cette ligne m'a souvent empêché de ressentir de l'authentique fierté pour moi-même. Je préférais me ressasser ce que j'avais raté. J'appelle ça une belle petite flagellation judéo-chrétienne comme on les aime. «T'es un gros caca et tu le resteras» (oui oui regardez bien, c'est dans les notes de bas de plaque des 10 commandements).

Alors je me suis demandé ce qu'est la fierté pour moi.

  • La fierté, c'est d'abord une sensation. Une douce chaleur dans la poitrine, un sourire à moi-même, un clin d'oeil «you got this girl». Ouais, la fierté c'est sassy;
  • La fierté, c'est aussi et surtout de la bienveillance et de la compassion envers soi-même. Dans un monde où on (a.k.a la société et nous) te hurle dessus que tu ne seras jamais assez ... «Manon tu seras jamais assez intelligente, assez reconnue, assez belle, assez.. assez ..assez.. ben en fait c'est ASSEZ!»;
  • La fierté, c'est être rebelle et dire non. Je suis assez. Je m'aime et ça veut pas dire que je ne poste que des selfies sur Instagram;
  • La fierté, c'est prendre non seulement le risque de m'aimer mais aussi de faire des choix qui me terrifient. Quand on vit de l'anxiété hautement fonctionnelle comme moi, la peur prend possession de votre corps, âme et petite culotte. Et pourtant, je fonce. Avec toujours la même question: est-ce que cela sera un regret ou un remords? Je préfère de loin les remords, parce qu'au moins j'aurais essayé;

(Lire cette prochaine phrase si possible en écoutant I am Still Standing d'Elton John, sinon ça manquera de punch)

  • La fierté, c'est célébrer ma résilience, ma capacité d'apprendre. J'ai fait des erreurs. J'ai pris des longs détours. Je n'ai pas toujours réagi comme la personne que j'aimerais être. Je n'ai pas saisi certaines opportunités. Et pourtant, aujourd'hui je suis encore debout. (yeah yeah yeah).

Pour vous dire toute la vérité, j'ai ressenti de l'authentique fierté pour la première fois à 36 ans. Il était temps, j'ai envie de vous dire. Alors je suis pas fière de moi toute la journée hein, ça serait trop quand même.
Mais je le ressens un petit peu souvent, et dans souvent, y a jamais Jamais.

et vous, de quoi être fier.ère ?